الثلاثاء، 3 سبتمبر 2019

Mon premier jour à l'école.. Benhidi Omar



Genre :nouvelle.
Auteur : Benhidi Omar
 Titres :      Mon premier jour à l'école
 Mon premier jour à l'école restera toujours graver dans mon cœur et mon esprit '.Car son souvenir avait été tracé  et bien illustré par une règle en fer sur la page de ma main et mon cœur . Pourquoi ?
    C'était un jour froid d'octobre. On commencait à tracer des sillons sur une terre arable. Dans notre champ, situé au bord de la route, je tenais une légère charrue en bois  que tiraient deux ânes très solides..son socle pointu déchire l'hymen de l'écorce terrestre. Mon père s'occupait  de défrichage après avoir tracé les rectangles de semence.
Tordu, et froissé par la fatigue de ce va-et-vient toute la journée, je commençais à jalouser les garçons du douar, qui se plaisaient d'aller à l'école. Chaque soir ils racontaient des merveilles. Ils racontérent aussi que le chekh avait menacé les parents qui avaient manifesté leur refus à ce projet 'établi par la résistance nationale au lendemain de l' indépendance.
'Pour la résistance nationale, ajouta le  chekh, la scolarisation des enfants est la clée  d'or  de l' avenir, c'est aussi le garant de toute renaissance de la nation.. "
Un matin je refusai  d'accompagner mon père au champ. Il bava, me menaça en brandissant son fouet. Je  me cachais dans le juron de ma grand-mère.
Bref, le lendemain ma mère me lava. tandis que ma grand-mère ouvrit sa malle en bois de cèdre embellie par des gravures arabesques, et. sortit une belle djellaba neuve, qu'elle avait tissée pendant l'été dernier et que le fquih, maître de l'école coranique avait cousue durant une bonne semaine. Ma mère me chaussa mes babouches de l'Aide , ensuite m'enfila un beau bonnet calligraphié par des écritures saintes.
Mon père  aussi mit ses beaux habits de fête. et puis puisqu'il  manqua  son labour, nous incita à se dépêcher, et surtout à la sacrée vieille qui introduisit une grande  galette de pain d'orge, dans mon capuchon. Ensuite, elle me tendit une topette pleine de thé et me dit :‹Attention de ne pas briser la bouteille.›, et se pencha pour m'embrasse très fort.  Mon père  commenta furieusement :" N'ira-t-il pas au pélerinage ?" Mais ma mère l'apaisa  par son beau sourire. Et à son tour, elle m'entoura de ses bras  très fort.
Je montait derrière mon père qui tenait la bride de l'âne, que ma mère avait  harnaché et ((sellé)) par le nouveau bât et un  couffin digne de ce grand jour .Durant le long chemin chacun de nous fut livré à ses songes. Mon père à sa besogne saisonnière, tandis que moi, je fus plongé   de nouveau dans  mes rêves.  À en croire les garçons du douar , le fquih de l'école était plus gentil que celui de la mosquée, qui ne se séparait  jamais de sa  longue baguette. Avec son regard et sa voix  et ensuite son long bâton, il nous foudroiyait, nous torturait. Sans parler de ses gifles et ses insultes. Alors j'imaginais le fquih de la nouvelle école autrement :un ange qui distribuait des bonbons et d'autres friandises.
À notre arrivée devant l'enceinte, mon père attacha la bête dans un étable, lui colla son râtelier moitié plein d'orge, paya le gardien d'avance. En me tenant la main, il me conduisit  à l'intérieur de l'école. Et au fur et à mesure que nous approchâmes  du bureau du directeur., je transpirai, et mon cœur bâtit très fort.
Il  salua avant d'entrer. Le directeur était en réunion avec les institeurs. Devant eux des verres de thé des galettes de pain de blé et du beurre dans une assiette. L'un d'eux m'indiqua la classe où je devrais aller. Mon  père me fit signe de tête.
Sur le seuil de la classe je me tardais quelques secondes à palper l'ambiance. La salle était rectangulaire, contenant deux rangées dans le sens de la longueur. Le tableau noir et le bureau étaient juste en face de l'entrée. Quelques garçons me connaissaient, d'autres non. Mais je saluai  tout le monde. Enfin je m'installai sur un banc au fond de la classe.
Je murmrai ce qui est écrit au tableau. Les élèves chantèrent en amazigh, d'autres sautèrent  sur les tables. Mais dès qu'ils aperçurent  l'approche du maître se calmèrent.
Avant même de prononcer mot, un garçon leva la main et livra deux noms de garçons que l'instituteur convoqua immédiatement. Et le spectacle commença.
Avant même qu'ils arrivèrent près de lui qu'une main très longue leur bombarda le visage et aussitôt le sang gicla de leur nez. L'un d'eux se jeta sur la même main pour l'embrasser, mais il la tâcha de morve et de sang. Je me dis:<< notre fkih est plus indulgent que cet homme.Mais qu'ont ils fait ? >>Le bourreau tira de son tiroir une gamme de baguettes. Il en choisit une, (un élève souffla:"c'est une règle en fer.") Mon cœur accéléra et je commençais à avoir peur.
Chaun d'eux eût une grosse part de frappe sur les bouts des doigts, sur le creux et sur le dos des deux mains. Et si quelqu'un hésita un moment la baguette lui cogna la tête. Leur cris stridents percèrent nos tympans et déchirèrent nos cœurs. La  plupart d'entre nous partagea leur état d'âme. Seul le fquih  était impérmiable et impassible à la douleur de ces deux pauvres petits qui se tordèrent devant lui. ,
Il questionna: “qui peut lire le tableau ? "
Toute la classe léva la main. Moi aussi.. Il me repèra et m'ordonna de lire. Il ne savait pas que je poursuivais des études à l'école coranique, et que j'apprenais une dizaine de parties (hizb).. Il fit semblant de ne pas être étonné de mon exploit. Ainsi ordonna_t-il à recopier la leçon sur le cahier. Moi, je n'en avais pas. Mais je portai du pain chaud dans le capuchon. Pendant que les élèves écrivèrent, je commençai à doubler les bouchées. Le maître était préoccupé d'écrire dans son bureau, le petit mouchard léva le doigt et appela :Msieu, Msieu. Et sans lever les yeux ou faire signe de l'écouter. L'espion me dénonça  : "il mange, Msieu, il mange Msieu. " "Qui"? " _" Le nouveau Msieu" Àvec une colère extrême, il m'appella :" Vient ici tête de mule, dépêche-toi." Je  tremblai, je transpirai à flot. Je balbutiai:" Je n'ai rien fait".-"Où sommes-nous ? Répond,. " En classe Msieu ".-" Donne tes mains. " Il ne  faut pas manger le pain nu, viens goûter du miel  aussi, de cette baguette . Allez tend les mains.." "-J'exécutai. Je les  tournai : la paume, les bouts de doigts, la plante de la main. La fin fut un coup de poing en pleine figure. Et le sang nasal lnnondait toute la classe y compris les habits du criminel .. Mon crime n'était que :Oser manger en classe.
Fin 3/9/2019

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